Témoignage de Michel Briot sorti en 1976.
Il n’y avait guère de doute. Ce serait « Chez les Frères » comme on disait à l’époque (1970). Il y avait bien « Chez les sœurs », mais pour les filles, et l’Athénée… Mais le choix était assez évident pour un petit Leignonnais né dans une famille de commerçants et dont le village était peuplé de quelques enseignants de l’institut et par ailleurs clients de mes parents.
C’est avec eux que je faisais souvent le chemin en stop (José Noël, Fernand Dricot, Jean Laurent, Michel Motte,..). Mais les jours de beau temps, c’était à vélo (de chez Davister !). A ce moment-là, on ne se souciait même pas de la sécurité des enfants sur la route sinueuse qui menait à Ciney. Le Sainfoin était l’ultime difficulté avant l’arrivée !
Quel dépaysement de quitter l’école de Leignon ! Dans le même local, nous étions une quinzaine d’élèves constituant, pour l’unique instituteur, 3 années de primaire. A Ciney, nous étions une petite trentaine de la même année. Et puis, on changeait de professeur toutes les heures !
Ecole chrétienne oblige, il y avait une heure de messe par semaine, au château. Je me souviens que j’accompagnais les chants sur l’harmonium Philicorda, le même que nous avions à la maison.
Au château, sur le temps de midi, il y avait aussi, pour les volontaires, des cours de dactylo (donnés par une dame dont j’ai oublié le nom mais qui avait une belle Toyota Crown 6 cylindres ! Vous vous en souvenez ?). Voilà bien une des choses qui m’a fait gagner le plus de temps dans la vie, encore aujourd’hui en écrivant ce texte….
Etant un élève plutôt appliqué et régulier dans son travail, j’ai presque toujours été amené à être le « premier de classe » pendant les 6 ans. Sauf en gym… (Le sport ne m’a jamais intéressé. Je m’en dédouane en disant qu’il ne m’a jamais davantage mobilisé devant la télé.. . A la remise des bulletins mensuels, l’entrée soudaine de René Collard en plein milieu du cours était toujours impressionnante. Il commençait par féliciter les meilleurs et puis prenait un regard de plus en plus courroucé et cinglant au fil de la distribution.
Le plus grand avantage d’être un bon élève, quand faire rire la galerie constitue votre seconde nature, c’est que vous pouvez pousser le bouchon un peu plus loin avec une certaine impunité… Certains se souviendront d’imitations (dont celle de Bernard Georges) et d’autres pitreries lâchées pendant les cours et qui agrémentaient cette vie d’enfant sage… Certains profs m’avaient baptisé « joie de vivre »…
Saint-Jo, c’est aussi le début de la mixité. Une révolution pour l’époque et pour le couillon que j’étais ! Quel piment d’être secrètement amoureux de l’une d’elles…
Il y a des souvenirs, des noms, qui m’ont marqué et je ne dois pas être le seul. J’en oublie certainement et ils ne m’en voudront pas : Le Frère Marc, Franz Delieux (de volgende..), Fernand Dricot (au rire bien caractéristique), John Boule (l’unique), Jacques Lurot (Le Jacques..), Mr et Mme Hastir (dont l’autorité naturelle ne les a jamais contraints à élever la voix), Josiane Krier (scoop : je dessinais son visage dans les marges de mes cahiers en commençant par ses lunettes hexagonales), Michel Bouchat (l’homme aux multiples facettes et dévoué à la bibliothèque), Monique Bauche (qui m’a mis le pied à l’étrier de l’examen d’entrée d’ingénieur civil), etc..
Quelques débutants ou intérimaires dont la tâche ne fut pas facilitée par notre espièglerie… : Claude Wiame, Michel Leroy, Christian Majot…
Et puis mention spéciale à Mr Votion qui, suite à une erreur de casting vraisemblable, avait été chargé de donner le premier cours collectif d’éducation sexuelle une après-midi dans le réfectoire. Chapeau Robert!
Au niveau de la vie professionnelle qui s’en suivit, en tant qu’ingénieur civil des constructions, j’ai partagé ma carrière entre les entreprises Wust, Winterthur assurances, Arcelor et Umicore. De belles expériences, de nombreux voyages, d’incroyables rencontres, sans oublier de joindre l’agréable à l’utile…
A 4 ans de la retraite, ceux qui me connaissent, savent que j’ai toujours pratiqué mon métier avec une certaine compétence, une éthique reconnue, un sens de l’humour, et un attrait irrésistible pour les contacts humains. Maintenant, soyons un peu fayots mais sincères, je pense que ce sont des valeurs chères à l’Institut Saint-Joseph. D’ailleurs, mes enfants y ont également accompli leurs humanités.
Au plaisir de vous croiser un de ces jours !

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