Clarenne Julian

Témoignage de Julian Clarenne sorti en 2011.

 

Originaire de Falmignoul (Dinant), Julian Clarenne était venu en secondaire pour le projet de l’immersion en néerlandais. Ayant étudié le droit, Julian est chercheur de droit parlementaire à l’Université Saint-Louis – Bruxelles.
« Je suis sorti de St Jo en options latin, langue 2 (anglais) et langue 3 (espagnol). Ce qui a véritablement marqué mon parcours est mon choix pour la filière immersion en néerlandais. St Jo a été une des premières écoles en Fédération Wallonie Bruxelles à tenter l’aventure d’un projet porté sur les fonts baptismaux à partir d’une méthode appelée EMILE (ou Enseignement d’une Matière par Intégration d’une Langue Etrangère).
Pour rappel, cette option implique que j’ai suivi, en classe complète, le cours d’étude du milieu et le cours de sciences en néerlandais, avec des professeurs néerlandophones puis, à partir du deuxième degré, le cours d’histoire et de géographie. Le cours de langue 1 néerlandais faisait également partie du programme, le niveau était plus poussé qu’à l’accoutumée. La grande majorité des élèves présents en première en 2005 était encore à mes côtés en dernière année. Le bilan – selon moi – est partagé. D’une part, on a atteint un bon niveau de maîtrise du néerlandais et une capacité à s’adapter tout au long du parcours. D’autre part, l’extrême proximité qui a caractérisé le groupe, du fait de partager une telle expérience pendant six ans, s’est parfois retournée contre lui. Nous n’avons en effet pas pu éviter des chahuts qui ont, au cours des dernières années, nui aux apprentissages. Au fur et à mesure du temps qui passait, le programme exigeant s’est un peu relâché et le casse-tête dans le remplacement de professeurs absents a été préjudiciable. Néanmoins, je garde un excellent souvenir des cours de néerlandais donnés par Madame Daffe, une enseignante très dynamique et originale, et Monsieur De Vadder dont les enseignements sur l’histoire et l’actualité politique belge m’avaient passionné. Et ce que j’ai appris en langues dans le secondaire m’a aidé pour les cours de droit que j’ai suivis pendant cinq années à l’Université Saint-Louis – Bruxelles, dans une filière unilingue très performante, puis à l’UCLouvain.
Le choix du droit ? J’avais toujours eu l’envie de devenir avocat, afin de plaider. J’ai d’ailleurs fait mon TFE sur les plaidoiries dans les films, avec Madame Wilmet comme promotrice. Et puis, je me souviens de certains cours de latin donné par Monsieur Cochart, axés sur l’art oratoire dans la Rome et son influence sur la pratique contemporaine du discours.
Ce goût de l’art oratoire ou du jeu théâtral, je l’ai travaillé à Dinant au sein de l’académie et avec le groupe de Bruno Mathelart. Et je l’ai cultivé lors de mes deux années de Master en droit à l’UCL. J’y faisais partie de l’Improkot, un kot à projets ( 10 étudiants) qui avait trois axes : organiser des séances d’improvisation pour tous publics, organiser des spectacles d’improvisation avec quelque 500 personnes et participer à des compétitions d’impro inter-universitaires.
Après un projet Mercator de six mois en Argentine à Buenos Aires avec le niveau B2 en espagnol (sans aucun doute grâce à la qualité du cours de ma professeure d’espagnol à St Jo, Madame Detienne), je suis revenu en Belgique. En 2016, j’étais appelé par l’Université Saint-Louis Bruxelles pour me demander de devenir assistant en droit constitutionnel et sources et principes du droit. Dans le cadre de ces mandats, j’ai eu le plaisir de dispenser des monitorats, des séances destinées à revoir la matière autrement et à aider les étudiants qui le souhaitent à acquérir les compétences requises. Dans un même temps, j’ai aussi réalisé un master de spécialisation en droit européen et international, en néerlandais, à la Vrije Universiteit Brussel.
En 2018, après deux ans d’assistanat sous la houlette de deux constitutionnalistes de renom, les Professeurs Hughes Dumont et Mathias El Berhoumi, j’ai commencé une thèse de doctorat avec ce dernier. Ma recherche porte sur l’étude des instruments du droit parlementaire dans l’optique de revaloriser la démocratie représentative. Mon expertise en la matière m’a conduit à participé à l’aventure de l’application CIVIX, plateforme destinée à aider les jeunes à voter en connaissance de cause. Dans ce cadre, j’ai réalisé une série de capsules vidéos visant à expliquer en quelques mots simples diverses facettes du fonctionnement politique belge.
Je suis loin du Barreau, c’est vrai, mais je crois que j’ai actuellement plus l’opportunité de réaliser ma passion de toujours (parler en public) que si j’étais devenu avocat. La suite nous dira ce qui se passera !
En bref, si je devais aujourd’hui retenir une chose de Saint Joseph, c’est une école capable de concilier la rigueur nécessaire à un apprentissage de qualité et le divertissement indispensable à la vie d’adolescent. La recette de ce savant mélange ? Une école créative et bien organisée, capable de se renouveler sans perdre son ADN !
Ce sera un plaisir pour moi d’y revenir le 20 septembre prochain pour les fêtes de retrouvailles du 175° anniversaire de l’Institut.

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