Delhaise Christian

Christian Delhaise
Electromécanique 1980

 

A la fin de mes études primaires les professeurs du petit séminaire de Floreffe lancent un défi à mes parents : « trouver une école technique ». En effet pour eux, j’avais peu de chance de pouvoir faire des études et ils leur conseillaient d’essayer dans une école technique professionnelle. Ils m’avaient quand même donné mon diplôme primaire pour que j’aie au moins quelque chose ! Il est vrai que j’avais de grosses lacunes en français…. Seulement 30%, par contre en mathématiques plus de 80% ! C’est ainsi que j’ai atterri à Saint-Joseph Ciney où l’école avait un internat.
Le parcours se déroule sans trop de problèmes, je me dirige vers des études en électromécanique et contre toute attente pas en professionnel mais en finalité.
En troisième, après une retraite mémorable à Orval (merci Mr Guiot !) l’ambiance change. Les années suivantes se passent dans une atmosphère joyeuse et une cohésion de classe admirable s’installe. La cohésion était si forte que lors de l’arrivée d’un nouveau professeur de chimie, son premier jour de classe fut un chahut incroyable qu’à la fin du cours il lance  « au prochain cours je ne veux plus rien entendre ! » et ce fut le cas. Personne ne prononça le moindre mot ! Le professeur furieux ne termina pas l’heure et on ne le revit plus jamais. Mais quand les professeurs savaient nous prendre les cours se déroulaient avec plaisir et enrichissement.
Vient alors la sixième année, avec le fameux projet de fin d’étude. Ayant été désigné volontaire pour la conception et construction d’un moteur linéaire avec mon ami Hugo, le défi était de taille. La fabrication d’un moteur électrique qui fonctionne non pas en tournant mais en glissant sur le rail. Celui-ci nous a pris pas mal de temps mais il fut relevé avec brio, il fonctionne d’ailleurs toujours, plus de 15 ans après (à ma connaissance). Une petite anecdote sur le sujet est lorsque j’étais dans une entreprise de la région pour le trempage du moteur, le directeur demande à mon papa  » quel âge a votre fils pour faire des études d’ingénieur », quel contraste avec la fin des primaires….
Avec mon diplôme et mon certificat de maturité en poche, j’ai poursuivi mes études à Mons en électronique et régulation automation. Puis j’ai été engagé chez Pégard à Andenne comme ingénieur électronicien à la fabrication d’aléseuse fraiseuse. Une crise dans la société m’a poussé à changer de direction professionnelle.
Daniel, le directeur de l’école et anciennement mon professeur de mathématiques ainsi que par période notre aumônier avec sa mémorable tirade « moi j’aime bien un gros caca de cheval » (lors d’un petit déjeuner au mont blanc), me rappelle pour un poste d’enseignant. Pourquoi pas, l’ambiance durant mes études y était chouette et il serait intéressant de vivre l’expérience de l’autre côté. J’y ai donc enseigné pendant près de 2 ans. Rappelé par le démon du contact avec la matière et les défis techniques, je suis allé chez Pégard Productic, toujours pour le même travail que chez Pégard.
Je quitte alors la société 2 ans après pour lancer ma propre société, en 1993 et me lancer dans la domotique, mon nouveau dada ! Nous vendons aujourd’hui notre savoir-faire un peu partout, de Russie, en Ouzbékistan en passant par le Maroc et encore le Sénégal. Mon expérience en tant que professeur m’a entre autres permis de créer un centre de formation agréé KNX au sein de ma société.
Nous avons aussi gardé contact avec Saint-Joseph en devenant fournisseur de matériel domotique.
Aujourd’hui j’ai deux garçons, l’un travaille comme responsable chantier pour une grosse entreprise d’électricité et l’autre, est designer indépendant. Ainsi que deux filles, l’une travaille avec moi et la seconde termine ses études d’ ingénieur de gestion.
Saint-Joseph fut un parcours dans ma vie que je ne suis pas prêt d’oublier, tant à l’école que lors des voyages extra-scolaire comme le Mont Saint-Michel, Orval, le tunnel du Mont-Blanc… Mais aussi toutes les expériences lors de mon internat, qu’il vaut mieux ne pas dévoiler ! Ceux qui y ont participé me comprendront.
Christian Delhaise 1980

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