Sanzot Elvire

Témoignage d’Elvire Sanzot sortie en 1973.
Elvire Sanzot a effectué toute sa carrière d’enseignante à Saint Joseph ( langues anciennes et français). Mais elle revient dans son témoignage sur l’arrivée des premières filles à St Jo ! Toute une histoire…..
1er septembre 1970…Un grand jour pour moi et pour l’institut Saint Joseph !
En effet, sous la direction de Monsieur René Collard, l’école ouvre ses portes à la gent féminine.
L’institut de la Providence n’offrant pas l’option latin-grec, je devais donc changer d’école. Restait à convaincre mes parents de m’inscrire à Saint Joseph (on ne disait pas encore St Jo, à l’époque) et de me trouver une chambre en ville (pas de mixité à l’internat). J’avais 15 ans… ; mes parents acceptèrent.
Ce jour-là, nous étions 7 filles, si mes souvenirs sont bons, à oser franchir le pas. Imaginez-nous arrivant sous le préau, intimidées face aux garçons qui nous attendaient de pied ferme !
Nous étions 3 filles dans la classe : Bernadette Boulanger, Josiane Lecocq et moi-même. Et je peux dire que notre intégration à la classe s’est bien passée. Nos camarades masculins nous protégeaient même ! A ce propos, une image me revient…C’était l’époque des mini-jupes et les garçons (je pense à Serge, à Charles-Emile..) avaient attaché des grands pans de papier à notre banc pour arrêter le regard de certains professeurs masculins.
Le corps professoral a découvert, lui aussi, la mixité. Myriam Latour et Michèle Dujardin furent les pionnières.
Pour la plupart, nous venions de la Providence où, 3 ans durant, nous avions porté l’uniforme bleu surmonté d’un tablier de la même couleur. En arrivant chez les Frères, nous avons voulu nous libérer de cette tenue. Après avoir longuement discuté avec Monsieur Collard, nous avons obtenu une demi-victoire : jupe brune et chemisier blanc pour les grandes occasions (le défilé lors de la fancy-fair, par exemple) et plus de tablier !Avec notre arrivée, un problème s’est vite posé : comment occuper ces quelques filles pendant le temps de midi ? On n’allait quand même pas les laisser seules au milieu de tous ces garçons ! Marcelle Rome (secrétaire/économe à l’école technique, je pense) a été dotée d’une nouvelle mission : emmener promener les filles en suivant un parcours bien défini (partir de la rue St Hubert et revenir par la rue Courtejoie, ou l’inverse, pour varier). Si le temps était mauvais, nous restions dans notre local, L’escale, sous le château.
Beaucoup d’anecdotes, beaucoup de souvenirs et du travail fructueux avec des professeurs qui m’ont aidée à choisir mes études et la carrière d’enseignante. Je pense plus particulièrement à Benoît Guilleaume qui, en poésie et en rhéto, nous enseignait le français, le latin et le grec (12h par semaine…).
Après mes études en Philologie romane, je suis revenue à St Joseph, en 1978. On me proposait de remplacer, durant un an, Patrick Bauduin, appelé sous les armes. Les années ont passé…je suis restée à St Jo jusqu’en 2010, donnant cours de la 1ère à la 6ème année et m’occupant de la gestion de la bibliothèque.
Je me dois d’évoquer mes chers collègues de langues anciennes, malheureusement disparus trop tôt, Dany Dewez et Jean-Marc Cochart. Mon coup de cœur va à Pascale Gillet avec qui j’ai travaillé dans la complicité et l’amitié. Je pense aussi à l’équipe des professeurs de français : Marie-France Dehoul, Anne Oger, Patricia Foulon, Anne-Catherine Legrand…et moi-même. C’était une équipe bien soudée !
D’ailleurs, Jean-Louis Volvert parlait de nous en ces termes : la forteresse des professeurs de français.
Je souhaite longue vie à mon école.

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