Druart Michel

Témoignage de Michel Druart sorti en 1977.
Et Vive Ciney…
1965, Joseph Lambert, le bourgmestre bonhomme, est le héros national des Jeux sans Frontières ! Ciney rayonne de joie de vivre !… Les cœurs chantent : ‘Et vive Ciney’! Et la Belgique danse au rythme des Cinaciens ! Je découvre Ciney à ces moments, la Capitale du Condroz ! Sa gare, sa rue du commerce, sa collégiale, son château Saint-Roch… son Institut St Joseph et son internat des Capucins ! Une semence d’un bonheur inoubliable s’y dépose.
Je le sais aujourd’hui. Au sortir d’une année carcérale en internat Jésuite, le contraste est fort. Pour forcer le trait : d’une prison au Club Med ! D’une élite inaccessible à des ‘Frères’… d’Ecoles chrétiennes’, tout est dit dans ces termes.
« Interdit d’interdire », le panneau surmonte le bureau directionnel. Le vent de Mai 68 souffle ici, c’est clair. L’adolescent que je suis, boit sans modération cet espace de liberté. Ici, l’écoute est au pouvoir, le savoir suivra. Des maîtres passionnés, vivants, deviennent des amis. Le sommet de l’intégration d’une leçon : faire du savoir, un ami, pour ne jamais oublier ! L’esprit de Socrate se promène ici dans les couloirs. Construire sur l’enthousiasme, pas sur la peur. C’est le magique secret qui prend naissance ici, à St Joseph ! Pour façonner les clés des portes de la « vraie » vie. Celle qui attend dehors. C’est la mélodie du bonheur d’apprendre, pour chanter ensuite la chanson de la joie de vivre. Elle était partout. Dans la simplicité des amis, la sympathie des maîtres, la transparence des Frères, et la sagesse des Capucins ! Voilà, en peu de mots, l’essence déversée au cœur de ma conscience, pendant ces années-bonheur du sol cinacien. « Et Vive Ciney ! »… « What else ? »
Le parcours qui suivra…
Ah la « vraie » vie !
Celle qui suit les rêves de cette adolescence. Celle des choses de la vie, quoi ! Celle qui suit l’école. Après l’étude, au travail ! Sortir du nid familial, l’envol du poussin. La découverte de l’autonomie. La recherche d’un job. L’aventure familiale, les enfants, les nouveaux amis,… ce que nous appelons ‘vivre’ ! Le destin choisit : le monde de la communication journalistique sera mon terrain de jeu ! « Le poids des mots, le choc des photos » ouvrent les pages professionnelles d’un Paris Match qui remplira les caisses du porte-monnaie ménager.
Un monde étonnant tissé par les égos journalistiques, les ambitions des éditeurs et le diktat de la pub. Un contrat de lecture qui se propose de montrer la vie telle qu’elle est… et non telle que nous voudrions qu’elle soit ! Une sorte de miroir qui renvoie la folie du monde à la conscience du lecteur. La démonstration du « monter, briller, descendre » du carrousel quotidien de la vie. L’idéalisme du journalisme Don Quichotte opposé au machiavélisme des lobbies de tout poil. La démonstration scientifique du fait que nous ne vivons pas notre vie, mais sommes vécus par elle ! Quelle leçon !
Je remercie ce monde de la communication. Il m’a démontré le paradoxe de l’illusion de vivre. La puissance de la manipulation hypnotique des foules, du ‘panem et circenses’ qui endort les consciences, l’époque de la Rome ancienne… aujourd’hui ! C’est au plus près du cul-de sac d’un monde qui meurt que l’espoir peut surgir.
Les temps sont exceptionnels. L’aube du réveil des consciences endormies saisit l’humanité. Les derniers soubresauts d’une terre malade semblent obscurcir les rayons du soleil de la renaissance. Mais ce sont les signes de la guérison. Se réveiller du rêve de vivre au cœur de sa propre conscience. Sortir enfin de l’hypnose qui nous fait croire que nous sommes séparés des autres ! Retrouver cette liberté profonde, ressentie dans cette adolescence de tous les possibles. Retrouver notre pouvoir endormi. Celui de la Joie profonde et éternelle, capable de la seule révolution utile, celle du réveil de notre Souveraineté profonde.
Aux racines de la vie, la Source Une reprend le pouvoir. Ainsi naît la vie… depuis Ciney !

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