Abir Damir

Témoignage de Damir Abir sorti en 2011.
Damir Abir est médecin généraliste de formation. Il se spécialise en ce moment en anesthésie et est assistant à l’hôpital de Mont Godinne depuis octobre 2018.
D’origine afghane, ma famille, la famille Abir, arrive en Belgique en 2000. Au vu de la situation politique, papa, médecin de formation, et maman, banquière, quittent leur pays. Arrivée au Petit Château à Bruxelles, notre famille est orientée vers le CPAS de Ciney qui organise un premier accueil au … Mont de la Salle ! Pourquoi la Belgique comme terre d’accueil ? En ce temps-là, il y avait près de mon pays, une forte présence en Iran d’une communauté ayant une culture de la France et du français.
Je me souviens d’un séjour à Dinant , puis d’une maison à la rue Edouard Dinot. J’avais 7 ans quand je suis arrivé en Belgique et ma langue maternelle était le farsi. Nous avons appris le français en fréquentant les écoles. Je me rappelle un enseignant de première année primaire aux Moussaillons, Luigi Coduti, qui m’avait bien « mis dans le bain ».
De ma période à Saint Joseph dans le secondaire, je retiens les voyages Eurodyssée en Espagne, en Slovaquie et en Hongrie. J’ai découvert qu’il n’y a pas qu’une seule Europe, mais bien des cultures toutes plus riches les unes que les autres. J’ai eu aussi des excellents professeurs de maths et de sciences, Messieurs Havenne et Collin et Mesdames Viroux et Darville. Ils savaient mettre en perspective, expliquer de plusieurs façons différentes et motiver.
J’ai voulu faire des études de médecine. D’une part, il y a une forme de tradition familiale, mais surtout, j’aime soigner , en étant proche des gens. Après six années d’étude de médecine générale, à l’UNamur puis à l’UCLouvain, j’ai opté pour des études d’anesthésie. Cela sera six autres années de formation, avec des stages dans divers hôpitaux en Belgique Francophone. Pour commencer, j’ai choisi Mont Godinne, car un hôpital universitaire laisse un temps plus long pour la préparation de la personne avant l’opération. J’apprends mon métier patiemment. J’aime « manager une vie ». Plus tard, j’aimerais travailler dans la médecine de « l’aigu ». Vous devez réagir dans la minute car la vie d’un patient en dépend. Un métier de grande « intensivité ». J’aimerais travailler pour MSF.
Mes frères Soleiman( 2014) et Walid (2015) ainsi que ma sœur Negarin (2018) sont sortis aussi de Saint Joseph. Soleiman fait des études de bio-ingénieur à Gembloux. Il s’intéresse à la chimie verte, notamment les bois tropicaux. Walid travaille comme dessinateur en construction pour une société d’Erpent. Ma sœur Negarin vient de commencer des études dans le domaine bio-médical.
Tous les quatre, nous n’avons pas de message à donner aux élèves d’aujourd’hui, mais nous pensons qu’avec du travail et en sachant se relever après un éventuel échec, tout est possible. Il y a bien un fossé entre le secondaire et le supérieur, mais en apprenant à voir un problème sous plusieurs angles, on peut mieux comprendre les matières et s’adapter à de nouveaux apprentissages.

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