Demarcin Arthur

Témoignage d’Arthur Demarcin sorti en 1956.
Arthur Demarcin a été pendant presque 30 ans le gérant bien connu de la banque Nagelmackers de Ciney. Un vrai Cinacien ayant aussi œuvré à la création du Club de Tennis St Gilles et toujours trésorier du Lion’s Club de Ciney depuis 44 ans.
J’ai fait toutes mes primaires et mon secondaire en scientifique A à St Joseph. J’ai donc connu le bâtiment de la rue Courtejoie où les primaires occupaient le rez tandis que le secondaire était à l’étage. Lorsqu’en 1954, le secondaire a été transféré dans l’actuel bâtiment où se trouve la direction de l’enseignement général, nous avons constaté la grandeur de la propriété.
Dans ce cadre boisé, il y avait outre le bâtiment très moderne pour l’époque, un terrain de tennis et un mini-golf. En ce temps-là, il y avait une classe par année. Nous étions 11 en dernière année secondaire, 6 de Ciney et 5 des villages environnants. On avait cours avec trois ou quatre Frères qui donnaient cours de plusieurs disciplines, sans avoir nécessairement de diplômes pour le faire ! Un Frère donnait les langues et la religion, un autre Frère donnait les maths et les sciences tandis qu’un autre donnait le français et l’histoire. Depuis 1951, les Frères vivaient en communauté au Château et le Doyen de Ciney, l’abbé Bêka, avait sollicité des parts de souscriptions de la part des parents et de la Ville de Ciney. Des bons de 500 francs, je m’en souviens ! On avait un seul prof laïc, M.Debehogne. Le pauvre, on n’hésitait pas à le chahuter en faisant des bruits d’abeille lors des cours ! A l’époque, on n’avait pas cours le jeudi, mais bien le samedi. Avec des condisciples, je me rappelle qu’on allait jouer aux cartes en extérieur pendant des temps de midi qui…. s’allongeaient. On rentrait chacun à tour de rôle ! Les Frères aimaient le foot et s’intéressaient à l’équipe de Ciney, alors en P1. Trois de mes camarades, Willy Jacquet, André Renard et Michel Verboogen , et moi-même, y jouions. Une anecdote : il y avait un match de foot le samedi alors que nous étions en retraite spirituelle au Mont de la Salle. Michel Verboogen avait pu quitter la retraite pour jouer le match mais nous étions trois à avoir envie d’y aller aussi et on avait fait le mur…. pour retrouver deux Frères au match.. .qui nous avaient punis par la suite !
Nous n’avons pas reçu une bonne formation en langues et mes études supérieures en sciences commerciales- où il y avait trois langues germaniques- ont été interrompues. Depuis 20 ans, papa qui travaillait à la banque Borsu, le nom de la banque Nagelmaekers en ce temps-là, m’y a fait entrer et après un stage de 8 ans à Bruxelles, je suis devenu le gérant de la banque de 1968 à 1997. Et c’est mon fils Bernard sorti de St Jo en 1982 qui m’a succédé jusqu’il y a peu.
La fidélité en amitié est un fil rouge de ma vie et diverses personnes ont été au croisement de mes envies. Tout d’abord le football à Ciney où j’ai joué trois ans en Promotion avec Michel Verboogen et Jules Pirlot, qui a été entraineur à Sorée. Ensuite, avec Etienne Laloux et Fernand Istasse, ingénieur chez Ronveaux , on a créé le club de tennis St Gilles, d’abord sur un terrain privé, puis en achetant un terrain à Barcenal, où le club -de 600 membres aujourd’hui- a construit trois terrains , le tout financé par la Ville et des parts de souscriptions de ses membres. Encore des souscriptions !
La même fidélité en amitié m’a encore fait croiser au tennis deux enseignants de Saint Joseph, Michel Verboogen et Jules Pirlot. Nous avons fait les interclubs ensemble et, pendant 15 ans, on a joué chaque vendredi soir à la bulle. Jules a arrêté à 70 ans, Michel à 73. On a été 5 ou 6 fois les champions de la province de Namur en vétérans. Michel était professeur d’éducation physique , il avait un côté taquin et parfois ironique… s’il pouvait nous envoyer une balle lobée ou une amortie…. Quant à Jules, professeur de maths, il a pour moi une main de fer dans un gant de velours. Sensible, ouvert, il est un homme de service comme on n’en fait plus.
Une autre passion de ma vie où j’ai croisé Jules Pirlot, c’est le Lion’s Club de Ciney. Ensemble, nous tentons de monter des projets pour aider des personnes défavorisées. Nous comptons 33 membres qui vivent là une expérience d’amitié.
C’est d’ailleurs un message que j’adresserais aux jeunes : n’ayez pas peur d’entrer dans une association. De mes instituteurs à Saint Joseph, Maurice Hébette, Jean Leconte, Edouard Lejeune, j’ai retenu la nécessité de la rigueur et de la systématique. J’ai tenté de mettre en œuvre toute ma vie l’ouverture aux autres que j’avais apprise à Saint Joseph, en pratiquant la motivation positive qu’ a aussi montrée le directeur René Parmentier.

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