Donnay Jules

Témoignage de Jules Donnay sorti en 1952.
Jules Donnay est sorti de scientifique A en 1952, première année de sortie du premier cycle d’humanités de Saint Joseph. Il n’a connu que le site de la rue Courtejoie, aujourd’hui disparu.
J’ai fait mon cycle d’études primaires de 1940 à 1946. C’était le temps de la guerre, le Mont de la Salle existait depuis peu. Je n’ai pas le souvenir d’une école occupée. A l’époque, on faisait une 7° année primaire qui était en fait la première année secondaire. Je me souviens particulièrement de René Parmentier, notre enseignant.
Le bâtiment de la rue Courtejoie avait un rez de chaussée consacré aux primaires et un étage avec des classes pour le début de l’aventure du secondaire. On avait une salle des fêtes qui allait aussi servir de salle de spectacles pour Ciney et la région. Je me rappelle de la statue de Saint Joseph qui est maintenant près de l’entrée actuelle de l’école et de la Plaine à l’arrière avec des marronniers qui nous servaient de goals pour le football. A l’époque, les démonstrations de gym étaient à la mode. Les célèbres fancy fair de l’école allaient débuter en 1947. A côté de l’école, il y avait des jardins avec du fil barbelé. Nos balles de foot crevaient littéralement à leur contact. Il fallait un franc par balle.
Je me souviens d’un régime d’autorité sévère, sans doute habituel en ce temps-là. J’ai eu un œil au beurre noir après avoir été frappé au visage injustement par un Frère. A l’époque, il n’était pas rare de se voir appliqué une latte en bois sur la tête. Mais les mêmes Frères veillaient aussi à ce que chacun puisse manger en temps de privation lors de la guerre.
On n’avait pas de laboratoire de sciences et j’ai eu des débuts difficiles à l’école d’ingénieurs de Pierard Virton. Trois mois d’internat où on ne mangeait pas à sa faim : des frites et un œuf mollet au dessus, ou une tartine avec de la margarine et une sardine !!!!
Un régime très dur où j’ai appris des bases qui m’a fait fuir vers les Chemins de Fer des Grands Lacs du Congo, via une annonce d’emploi d’ajusteur-fraiseur dans le journal Le Soir. Après mon service militaire en Allemagne, j’ai – grâce aux connaissances techniques acquises à Virton- été dessinateur industriel pour les bateaux du Lac Albert et du Lac Tanganyka. Mais après l’indépendance du Congo en 1960, j’ai perdu mon travail. L’entreprise Remacle m’a alors demandé de travailler pour elle. La société fabriquait du béton et était spécialisée en constructions métalliques. On m’a demandé de venir habiter à Dinant et … j’y suis toujours. J’ai alors œuvré au service commercial. Je m’occupais des 16 carreleurs selon les plans des architectes et aussi de leurs salaires. Pendant 20 ans, je me suis occupé du service achats pour la production. J’ai arrêté en 1994. Je me rappelle avoir travaillé avec le papa de David Del Zoto, professeur actuellement à l’Institut et avec Désiré Halin qui allait devenir enseignant à Saint Joseph.
Qu’est-ce que l’école m’a appris ? La précision du dessin à l’équerre et tous les côtés pratiques qui m’ont permis de m’adapter toute ma vie à tous les changements de fonction auxquels j’ai été confronté.
Aujourd’hui, alors que je reste intéressé par la cuisine, la lecture et le jardinage, je dirais aux jeunes élèves d’être honnêtes et loyaux envers leurs patrons. Il y a une confiance à mériter par son travail et son sérieux

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