Avalosse Anne-Sophie

Témoignage d’Anne-Sophie Avalosse sortie en 1986.
Anne-Sophie Avalosse est infirmière de formation et travaille actuellement pour la Croix Rouge de Belgique. C’est au service des soins palliatifs qu’elle a fait la majeure partie de sa carrière.
Saint-Joseph fut pour moi synonyme d’école chaleureuse, conviviale et fraternelle. Les profs étaient attentifs et à l’écoute. Lorsque j’ai dû subir une hospitalisation, des enseignants n’ont pas hésité à m’accueillir chez eux pour m’aider à récupérer mon retard dans la matière. Je ne l’oublierai jamais !
Une école peut jouer un rôle important dans un choix de vie professionnelle.
Dans mon cas, notre professeur de religion Pierre Mansion organisait des retraites pour ses élèves. Mon choix s’était porté sur la retraite « chantier » à Mozet. Je me retrouverai , avec 4 étudiants de ma classe au Monastère des Petites Soeurs à Marche-Les- Dames…3 jours en silence ! Seule dans ma « cellule », je me demandais ce que je faisais là…Puis, je me suis mise à lire la plaquette du Cardinal Danneels : »Notre Père qui es aux Cieux ».J’ai été bouleversée ! Le Cardinal étant sur place pour préparer la venue du Pape en Belgique, me l’a dédicacée : »Un peu de nourriture sur ce long chemin vers Dieu. Soyons des poêles qui chauffent et qui rayonnent « C’était certain, je commençais une « nouvelle vie »…
Je suis partie à Lourdes comme brancardière puis ai entamé des études d’infirmière à Ste Élisabeth à Namur et me suis spécialisée en soins palliatifs. J’ai passé 20 ans de vie professionnelle en SP, d’abord au Foyer Saint-François à Namur puis au domicile en Province de Namur. Mon travail consistait à soulager la douleur du patient ainsi que tous les symptômes d’inconfort, d’ accompagner et de soutenir psychologiquement le patient et ses proches.
J’ai assisté + /- 4000 personnes en fin de vie…quelle richesse , que de merveilleux contacts humains ! Les patients m’ont appris à VIVRE…Oh, tous les jours n’étaient pas roses, loin de moi l’idée de vous faire croire que l’on quitte cette terre avec le sourire aux lèvres…Les soins palliatifs sont une médecine du détail …Nombreux sont les patients qui me disaient : « Ce n’est pas le -quand- qui me fait peur, mais le -comment- » ! Le patient ne pourra marcher sur un chemin de sérénité que lorsqu’il est accompagné par une équipe pluridisciplinaire attentive et compétente, sans oublier ses proches. Ma crainte aujourd’hui est que les soins basculent vers l’acharnement thérapeutique… ou l’euthanasie… par manque de temps, de discernement …et bien sûr face à nos réalités économiques !
Notre seule certitude en naissant, c’est que l’on va mourir…alors, ajoutons de la vie aux jours et pas des jours à la vie…
Aux jeunes et aux moins jeunes, je partagerais volontiers une phrase que me répétait régulièrement l’Abbé Jean Meunier :
« Contre vents et marées, surtout, surtout, n’oublie jamais d’ Aimer. »

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