Dardenne Willy

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Témoignage de Willy Dardenne sorti en 1954.
Habitant Forzée, j’accomplis les 3 premières années du secondaire à l’Institut Saint-Joseph de Rochefort de 1948 à 1951. Comme ce dernier ne possédait pas encore le cycle complet des Humanités (ce sera chose faite en 1958), je m’inscrivis en 3e Scient. A de l’Institut Saint-Joseph de Ciney pour la rentrée de septembre 1951. Cette année marqua l’ouverture du cycle complet des Humanités, section Scientifique A.
Quelque septante ans plus tard, bon nombre de souvenirs assez précis resurgissent.
Les locaux.
En 1951 et 1952, ils se situaient toujours dans le bâtiment à l’angle des rues Rempart des Béguines et Courtejoie (futur complexe administratif de l’Etat). Nous les partagions avec l’école primaire. Je me rappelle très bien du C. F. Modeste, et de plusieurs instituteurs qui feront la renommée de l’école : MM. Hébette, Jadot, Lejeune, Mingeot, Parmentier…C’est là que je suivis les cours de 3e et 2e Scient.
En 1951, l’Institut acquiert la propriété Boseret (parc et château). Dès 1952, c’est, dans le parc, la pose de la première pierre des nouveaux locaux de l’enseignement secondaire. La rentrée de septembre 1953 se fit dans les nouveaux bâtiments qu’on appelait alors le « Bloc des Modernes ». Notre Rhéto se trouvait au premier étage.
Le parc était une aubaine pour les amateurs de football que nous étions. Dans nos parties endiablées, c’est là que je fis la connaissance des Verboogen, Demarcin, Jacquet, Wiart, Custinne, Sternon…futures vedettes du club local et des villages environnants.
Les professeurs.
Les Frères étaient largement majoritaires. Je garde le souvenir des C.F. Maxime-Paul (directeur arrivé en 1951 – sciences), Mansuy (français), Morentius (religion), Mémoire-Alfred (dessin), Mémoire-Joseph (néerlandais), Pierre (Anglais)…
Je n’ai souvenance que de 3 laïcs dans le cycle supérieur : MM. R. Votion (français et histoire en 3e), H. Debehogne (math. en 3e et 2e), F. Laloux (éducation physique – les cours se donnaient dans la salle Patria, à proximité de la Place de la Renaissance).
Il y aurait pas mal d’anecdotes à raconter suite à la « faiblesse »des uns ou à l’inexpérience des autres. Je m’en voudrais de citer des noms mais les chenapans que nous étions ont parfois dépassé les limites. Je me contenterai de citer quelques exemples. Une balle pelote qui s’écrasait sur le tableau avec le mot « chasse » alors que le professeur tournait le dos. Des hannetons, ramenés du parc, et qui, posés sur le bureau, prenaient leur envol et s’écrasaient aux fenêtres. La simulation du malaise d’un élève qui, poussant un cri, s’écroulait sur le sol. Je vous laisse à deviner l’embarras du professeur se précipitant au chevet du « malade », lui desserrant le col de la chemise, lui tapotant les joues…et le fou rire difficilement contrôlable de la classe.
Les élèves
De la 1ère Pr. 51-52, parmi les 8 diplômés, quelques noms me reviennent à l’esprit : Burton, Guilmin, Hody, Pirlot, Romnée…
La 2e Pr. 52-53 ne décerna que 4 diplômes. Ce petit nombre mérite une explication. Une tricherie collective élimina plus de la moitié de la classe. A l’examen de géométrie, un élève arracha la page de son manuel contenant la question essentielle de l’examen. Dans sa précipitation, il avait mal lu l’intitulé. Le document passa aux copains qui le recopièrent consciencieusement. Une telle précision dans la démonstration attira l’attention du professeur. La sanction fut impitoyable : un zéro pour les tricheurs. Avec un échec en math, plus de la moitié de la classe dut passer par le redoublement.
Les 4 rescapés furent H. Adam, J. Besure, F. Lavis (de Montgauthier- je le rencontre encore régulièrement) et J. Magerat (mon copain de Forzée – il décèdera à 21 ans, en 1954).
Je fis partie de la 3e Pr.53-54. Notre classe comptait 9 élèves, 6 obtinrent leur diplôme : H. Bertrand, Cosse V., Dheur J., Gauthier A., Martiny J. et moi-même.
J’ai raconté à de multiples reprises une anecdote concernant un élève de la classe. Très intelligent mais très désordonné, il se vantait souvent de ne même pas avoir ouvert sa mallette.
Profitant d’une récréation, nous cachâmes deux briques dans le fouillis des livres et cahiers. Elles firent le trajet Ciney-Montgauthier durant trois jours !
Ma carrière
Pour la rentrée de septembre 1954, je m’inscrivis à la section littéraire du Régendat à Malonne. C’est là que je rencontrai deux futurs professeurs de Saint-Joseph : Michel Bouchat et Michel Gérard.
Diplômé en juillet 1956, je fus directement engagé à l’Institut Saint-Joseph de Rochefort pour la rentrée de septembre 1956. J’y dispenserai les cours de religion, français, histoire et géographie dans les trois premières années du secondaire jusqu’en juin 1996. Comme titulaire inamovible de 1ère année, j’y vécus la mixité, le rénové, la fusion avec la Sainte-Famille de Jemelle.
La famille
En 1959, j’ai épousé Marie-Jeanne Lecomte. Originaire de Spontin, elle avait fréquenté l’Institut de la Providence où elle décrocha le titre de régente ménagère en 1957.
C’est à Ciney, au début de l’année scolaire 52-53, que nous nous sommes connus. A l’époque, il fallait se voir à la sauvette. Ce n’était pas évident d’échapper à la chasse menée par la Directrice et surtout par son professeur de religion, l’abbé Dubuis.
Nous nous sommes fixés à Rochefort en septembre 1959. Nos 3 enfants, deux garçons (habitant la localité) et une fille (habitant Ciney), nous ont donné 7 petits-enfants. Nous attendons pour bientôt le 9e arrière-petit-enfant.
La pension
Admis à la retraite pour la rentrée de septembre 1996, j’ai décidé de ne pas rester inactif. Comme bénévole, je me suis engagé dans plusieurs associations locales : hall sportif (secrétariat), vélodrome (président-secrétaire), Archéoparc de Malagne (vice-présidence), Cercle Culturel et Historique de Rochefort (administrateur). J’ai également suivi d’assez près les études de mes petits-enfants. On a pu également me rencontrer régulièrement dans des manifestations ponctuelles du football, d’Accueil Famenne, de la Confrérie de la Grusalle, du Festival du Rire…
En 2015, âgé de 80 ans, j’ai décidé de remettre tous mes mandats, sauf celui du Cercle Historique. Depuis 2005, je publie régulièrement des monographies ou des articles dans les cahiers du Cercle. Mes recherches se portent surtout sur le patrimoine religieux, culturel, folklorique du Grand Rochefort. Cette activité me prend énormément de temps. En ce moment, je réalise une étude sur les 125 rues, avenues, places, impasses… de Rochefort. J’espère la terminer pour la fin de l’année.
Et puis, il faut laisser un peu de place pour le journal, les mots fléchés, les sudokus, Internet…
et rester disponible pour les visites très nombreuses de toute la famille

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