Léonard Jean-Christian

Témoignage de Jean-Christian Léonard sorti en 1973.
Je m’appelle Jean-Christian Léonard, âgé de 63 ans, retraité, marié, père de deux grandes filles dont l’une travaille actuellement à l’ISJ en tant qu’éducatrice.
On vient de m’annoncer récemment que j’allais être grand-père et cela me réjouit pleinement.
Mes parcours scolaires et professionnels vous paraîtront probablement un peu atypiques mais comme on dit souvent « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ».
Je suis issu d’une famille chrétienne. Mes parents décidèrent donc de m’inscrire dans un établissement scolaire catholique proche de chez nous (Havelange). C’est ainsi que je suis entré à l’ISJ en 1967dans la section technique, option électromécanique (la seule option disponible à cette époque).
Mon instituteur primaire m’avait préconisé pourtant d’entreprendre des études générales de type modernes, mais sous l’influence de mes amis qui m’accompagneront dans la suite de mes études et mon désir d’apprendre à me servir de mes dix doigts, je décidai donc de m’orienter vers des études techniques.
Après un cycle de six ans (3 A3 et 3 A2) je sortis avec un diplôme technique en 1973.
A 17 ans, avec un peu plus de maturité, je me rendis compte que je n’étais pas tellement fait pour affronter le monde industriel et me voyais plus orienté vers une activité sociale au service de la jeunesse. J’entrepris donc des études d’instituteur primaire à l’institut St Roch de Theux.
En 1975, avec sous le bras un diplôme, j’étais prêt à entrer dans le monde du travail.
Dès ma sortie, le directeur de mon ancienne école technique, monsieur Mignolet à l’époque, me proposait dès la rentrée un poste d’éducateur à l’ISJ. Je crois sincèrement que monsieur le directeur était fier de me voir réintégrer l’institut, prouvant ainsi qu’un élève issu d’un enseignement technique pouvait avoir entrepris et réussi des études supérieures différentes. Il est vrai qu’à cette époque, même au sein de l’ISJ, l’option technique était encore considérée comme un type d’enseignement de second rang. Ma réussite scolaire prouvait donc le contraire.
Par la suite j’ai travaillé durant 2 ans et demi dans un home pour enfants placés par le juge (le foyer l’Aubépine à Havelange).
Enfin, les opportunités se présentant à moi, j’ai pu intégré le monde de l’enseignement primaire à travers plusieurs intérims (Havelange, Gesves, Ohey) . Je fus nommé en 1981 à l’école communale d’Evelette où j’enseignai jusqu’en 1989.
Dernier tournant dans ma vie professionnelle : même si l’enseignement est l’un des plus beaux métiers du monde, il peut parfois agir sur l’équilibre mental de l’être humain. Il était temps alors de changer mon fusil d’épaule et d’agir autrement. Après longue réflexion et avec l’appui de mon épouse je décidai de me lancer comme peintre décorateur indépendant après avoir passé un examen au jury central en vue d’obtenir l’accès à la profession. J’ai exercé ce métier jusqu’en 2017.
Quelques souvenirs de mon passage à l’ISJ
Deux ans après mon passage à l’ISJ comme élève j’ai côtoyé mes anciens professeurs en étant de l’autre côté de la barrière : belle expérience qui m’a fait découvrir le vrai visage de certains d’entre eux (beaucoup étaient de vrais pédagogues avec un esprit d’ouverture sociale dont je me suis inspiré plus tard).
Des petits frères des écoles chrétiennes, j’en ai connus :
Le frère Directeur qui à l’époque distribuait encore personnellement les bulletins dans les classes.
Les jumeaux Parent (les frères Maurice et François) enseignaient le cours de religion.
« le Choumaque » qui à l’époque, si mes souvenirs sont bons, était préfet et enseignait les maths.
L’aumônier, dont j’ai oublié le nom, était chargé des offices religieux et avait sa demeure dans l’enceinte de l’école (qui deviendra plus tard le bureau de la direction de l’école technique).
Des professeurs en veux-tu en voilà :
Le directeur, Monsieur Petitjean : une main de fer dans un gant de velours.
Les frères Gilmard : Pierre nous enseignait la géographie, le dessin artistique, les sciences.
Les profs de français :
M. Votion : Personnage stylé à l’élocution distinguée et à l’haleine mentholée.
M. Poncelet : Professeur que j’appréciais particulièrement.
M. Clabots : Pas besoin de logopède à l’époque, c’est lui qui me guérit de mon zézaiement.
M. Motte : l’infatigable journaliste – photographe.
Les profs de maths :
M. Laloux : L’homme de la procure en cache-poussières bleu.
M. Job : Le prof à l’écoute de ses élèves et remarquable dans la présentation de ses cours (stencils en trois couleurs).
Les profs d’atelier :
Les frères Hanchir : Surtout « papa Hanchir » l’électricien de service qui voulait réaliser lui-même un orgue électrique.
M. Labar : Il réalisa pour une exposition une petite locomotive à vapeur fonctionnelle.
M. Moreau : le métallurgiste-soudeur. Il nous initia à l’élaboration de moules de fonderie (vive le crottin de cheval!).
D’autres encore :
M. Mailleux : prof de gym. Le beau gosse à la démarche sautillante.
M. Noël : prof de dessin technique. Malgré son handicap physique, il était respecté et reflétait la bonté humaine à mes yeux.
Mrs.Mignolet, Lambion, Leroux, Goffaux : les respectés. Avec eux, pas question de faire un pas de côté. Leur enseignement était assez rigoureux.
Les « ceusses » dont on n’a gardé que les surnoms tant leur enseignement laissait à désirer : John Boule (prof de langues : « good morning sir ») ainsi que Bidi (prof d’histoire. Comment pouvions-nous être si cruels avec lui ?! Encore pardon.)
Encore quelques souvenirs en vrac :
Des répétitions massacrantes de mise au pas en vue du défilé des écoles dans les rues de Ciney (le prof de gym nous faisait marcher au pas sur la cour de l’école avec une musique militaire en bruit de fond).
La messe hebdomadaire du jeudi matin et le rosaire du mois de mai devant la statue de la vierge dans un coin de la cour de récré.
Le week-end de fancy-fair : une vraie kermesse dans l’enceinte de l’école.
Un min-trip à Londres afin de renforcer l’esprit de classe qui semblait, paraît-il, s’éroder.
A l’obtention de notre diplôme de fin d’études, notre titulaire M Mignolet recevait chez lui l’ensemble de la classe en guise de félicitations.
Une pensée toute particulière à mes anciens camarades de classe aujourd’hui disparus et plus spécialement à mon ami Christian Bovy avec qui j’ai passé 14 ans sur les mêmes bancs, de la maternelle à la 3ème A2.
Merci d’avoir pris le temps de me lire !

Leave a Reply +

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *