Mailleux Benoît

JOUR J-85 : Témoignage de Benoit Mailleux sorti en 1987.
Dans la série de témoignages d’anciens de l’ISJC, voici le mien. Je m’appelle Benoît Mailleux et suis sorti de rétho en juin 1986. Après trois années d’études à l’Institut saint Berthuin à Malonne (à nouveau chez les frères!), et une année de service militaire (trois mois à Marche-en-Famenne chez les chasseurs ardennais, puis neuf en Allemagne en tant qu’instituteur dans l’école belge d’Essentho, je suis entré à la Fraternité de Tibériade, à Lavaux-sainte-Anne. J’allais avoir 21 ans et vivaient alors sur place deux frères : Marc (le fondateur) et Joseph. Depuis, la communauté a grandi. Nous sommes une trentaine de frères et neuf sœurs, pour vivre à la suite du Christ dans la spiritualité de saint François.
Après treize années de vie sur place, j’ai été envoyé, avec les frères Joseph et Cyrille, en fondation au Congo, dans une zone rurale proche de la ville de Kikwit. Ce fut une aventure humaine et spirituelle formidable ! Les épreuves n’ont pas manqué, mais au final, la joie de la vie fraternelle, le bonheur de se donner pour un mieux vivre des autres l’emportent toujours. Je vous livre une simple « carte postale », un « flash » de la vie là-bas.
Samedi début d’après-midi, sous le soleil éclatant du Congo, je rentre à la Portioncule de Kikwit après une semaine d’enseignement pour des jeunes désireux de donner leur vie à Jésus dans la vie consacrée. La petite ruche de Tibériade est bourdonnante d’activités. Fr Cyrille et fr Roger accueillent un groupe de jeunes « Bilenge ya Mwinda » (Jeunes de lumières), un mouvement d’enfants et de jeunes qui cheminent en paroisse pour approfondir leur vie chrétienne. Ils viennent passer le w.e. à la fraternité. Nos deux frères essaient de caser tout ce petit monde qui s’était annoncé au nombre de 50 et qui seront finalement 70. C’est une joyeuse cacophonie qui rythme l’arrivée par petits groupes. Ils veulent entendre parler de Jésus et découvrir les chemins de la prière, de la vie avec lui. De son côté, fr Jerry travaille au jardin avec un jeune du quartier qui a besoin d’être écouté et guidé. Je vais déposer le sac à dos dans la chambre avant de faire le tour des élevages, pour voir comment se portent les animaux. Je découvre que tout a été balayé et un petit bouquet de fleur a été fraternellement déposé devant la porte de ma chambre. Peu de temps après, je croise fr Joseph qui rentre d’un chantier qu’il mène avec quelques jeunes du quartier. Il s’agit de reconstruire la case d’une veuve avant que reviennent les fortes pluies. C’est loin d’être la première fois qu’il se lance dans l’opération. Le soir arrive et nous nous retrouvons tous dans la paix de la chapelle, rassemblés devant Jésus- Eucharistie, comme les abeilles qui rentrent le soir et se regroupent, au service de leur reine. Pour nous, il s’agit de notre Roi et de notre frère : Jésus. C’est lui qui nous a envoyés, lui qui nous a accompagnés au fil de la journée, et c’est encore avec lui que nous entrons dans la nuit. Viendra ensuite le repas pris tous ensemble, nous mangeons tous à même le sol avec nos hôtes, dans la joie des échanges fraternels et des éclats de rire. Certains posent des questions plus « sérieuses » tandis que d’autres cherchent seulement à se détendre… La nuit est tombée depuis longtemps maintenant, et tandis que les frères vont se reposer, les jeunes se transforment en veilleurs puisque par groupes, ils viendront adorer Jésus, le priant de faire descendre sa bénédiction et sa paix sur la ville et dans leur vie. L’un ou l’autre frère viendra se glisser parmi eux au cours de la nuit, pour prier lui aussi, et encourager et porter les jeunes dans cette démarche d’adoration et de supplication. Dimanche matin, dans la fatigue et dans la joie, nous chanterons tous ensemble la résurrection du Seigneur. Telle est la vie simple et belle à laquelle il nous a appelés. Gloire à toi Seigneur, gloire à toi !
Aujourd’hui, je suis rentré en Belgique. La communauté me demande de reprendre le service de formation des jeunes candidats à la vie religieuse. L’aventure continue et je peux dire qu’après 28 ans de vie consacrée, elle toujours aussi passionnante !

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