Bédu Dumont Bernard

JOUR J-87 : Témoignage de Bédu sorti en 1966.

 

Bédu obtient d’abord une licence de sciences économiques à l’université de Louvain. Son sujet de mémoire s’intitule : La formation des prix en système socialiste soviétique. À cette époque, il illustre un magazine étudiant et adopte son pseudonyme.
Il se tourne vers la bande dessinée en 1972 en intégrant l’atelier de Berck pour perfectionner sa formation autodidacte de dessinateur.
Il commence sa carrière d’auteur ( scénariste et dessinateur ) dans le Journal de Tintin en 1975 avec la série animalière « Beany, le raton-laveur ». Il enchaîne ensuite sur des scénarios de Christian Blareau avec « Le P’tit Prof » en 1977 et « Ali Béber » en 1979 . En auteur complet , il crée la série « Hugo » en 1981. Cinq tomes des aventures de ce petit troubadour seront édités. L’héroic-fantasy existait peu à l’époquEn 1983, l’Éditeur lui confie la reprise de la série Clifton. Il réalisera 4 tomes sur scénario de De Groote et 3 sur base de son propre scénario.Entre-temps, il crée avec Raoul Cauvin la série Les Psy dans le Journal de Spirou en 1992. À ce jour, 22 tomes ont été publiés chez Dupuis.En 1997, il participe aussi à l’ouvrage collectif Brel en BD (aux éditions Vents d’Ouest).Il travaille actuellement sur un nouvel opus « Sangdragon », en auteur complet.
(source Wikipédia et Bédu)
La totalité de mon parcours scolaire s’est passée à L’Institut St Joseph de 1954 à 1966, soit douze années d’excellents souvenirs pour la plupart, mais exécrables pour quelques autres. La prescription m’autorise à passer ces derniers sous silence.
L’enseignement primaire se donnait dans un grand bâtiment plutôt austère situé rue Courtejoie à l’emplacement actuel de l’immeuble de la Justice de Paix. On y accédait par une grande porte cochère. De vastes classes où s’entassait une quarantaine d’élèves, par bancs de deux qui se partageaient un petit encrier central. Pour tout chauffage, un poêle à charbon sur lequel les élèves venant de la campagne réchauffaient leur gamelle. On se gelait durant les hivers plus rigoureux.
À côté de cette école, jouxtant la ruelle des jardins, se trouvait une petite épicerie tenue par la « vieille Marie » aussi sale que son magasin et teigneuse à plaisir. Nous y achetions nos sucreries. Dans son arrière-boutique, on pouvait apercevoir son cercueil car c’était une dame prévoyante.
Des toilettes malpropres longeaient la petite ruelle jusqu’à une petite porte qui donnait accès en descendant deux ou trois marches à la cour de récréation. C’est par cette petite porte que nous sortions pour rejoindre la « plaine » qui n’était alors qu’un vaste terrain de terre battue, parsemé de marronniers et noyers, et qui était un espace réservé aux récréations des « primaires » et des « humanités ». C’est très précis et visuel dans mon souvenir.
J’ai suivi le cycle des humanités « latin-grec », nouvelle section créée l’année précédente. Nous étions donc peu nombreux par classe , une dizaine tout au plus. Les cours étaient dispensés dans des bâtiments plus récents implantés au sein d’un vaste parc arboré. De grandes baies vitrées procuraient le bonheur de vivre en pleine nature. Un luxe inouï au regard des autres écoles de la ville. Tout au long de ces années, je fus un élève particulièrement dissipé, peu enclin à la concentration. Ce qui me valut moult mercredis, samedis et dimanches de « retenues » durant lesquelles je collais enveloppes et timbres dans le bureau du directeur situé au « château » où logeaient les frères. Cela en plus des dizaines de pages remplies de temps primitifs grecs et latins. Pensums prescrits par le frère « préfet » qui, cela dit en passant, fumait comme une locomotive et dissimulait sa cigarette allumée sous la manche cramée de sa soutane.
Cela peut sembler contradictoire, mais ce sont pour moi d’heureux souvenirs. Ma grande chance est d’avoir eu quelques professeurs de français, latin et grec qui ont décelé sous la carapace du trublion une « belle intelligence », comme ils disaient. Je leur sais gré de leur patience en leur rendant hommage.
C’étaient des temps qui fleuraient l’insouciance et coulaient dans une convivialité empreinte de respect. On se levait à l’entrée du professeur.
Juste un petit regret. Le frère « Directeur » a gardé tous mes dessins confisqués… en souvenir.

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