Alexandre Robert


Avec mes condisciples, nous sommes la première promotion de l’enseignement technique secondaire supérieur, ETSS, de juin 1965.
Donc une promotion extraordinaire marquant la naissance d’une école technique à Ciney avec un cycle complet nommé A2.
Papa avait une entreprise de toiture par laquelle mes 4 frères et moi avons goûté au métier d’artisan et découvert la passion de tout ce qui était technique.
J’ai suivi mes études primaires à Saint-Joseph, après quoi, à la suite de mon frère Victor, je me suis retrouvé interne au collège de Bellevue inscrit en 6ème latine. Victor avait fait une préparatoire à Ciney avec René Parmentier qui deviendra plus tard le directeur de l’école primaire de Saint-Joseph.
En dépit du cloître que cela représentait pour moi, Bellevue a eu le don de déclencher ma passion pour le football; j’ai donc joué en équipe première de Ciney pendant quelques années.
Le latin n’était pas vraiment ma passion, ni celle de Victor, porté « pâle » comme on dit, en fin de premier trimestre. Pour Victor, plus question de poursuivre à Bellevue à la rentrée de Janvier et sautant sur l’occasion j’en profitais pour convaincre mes parents que le collège ne me convenait pas non plus et j’entrais en 6ème moderne à Saint-Joseph.
Mais l’attrait de tout ce qui touchait à la mécanique était bien ancré et je commençais le cycle des A3 à l’I.T.N. de Namur de la 2ème à la 4ème. Un de mes compagnons préférés était Aimé Labar ; nous faisions la route ensemble.
J’ai alors poursuivi une année de spécialisation 5 A3 en machines-outils, forge et soudure. Quel bonheur !
Pendant les vacances, mes frères et moi travaillions avec papa sur les toits.
L’envie d’être indépendant et de créer ma propre entreprise germait déjà.

Fin des grandes vacances 1962, j’apprends qu’une section A2 s’ouvre à Saint-Joseph. Bien qu’ayant 18 ans, avec la bénédiction de mes parents, me voilà en route pour 3 années de supérieur avec l’arrière pensée toujours de créer mon entreprise.
Nous étions une trentaine en 1ère, puis en 2ème A2,  14 je crois, pour finir à 9 en 3ème A2 en 1965.
Parcours du combattant exigeant mais heureux de l’avoir accompli en y prenant goût au fur et à mesure.
La fin de nos études a été fêtée comme il se doit avec un cérémonial particulier, première promotion A2, avec pour cadre le château, en compagnie du Frère Luc-Ménandre, affectueusement appelé « le Choumaque », André Petitjean, Jean-René Mignolet, … et nos parents. Ces enseignants m’ont vraiment marqué.
A côté d’eux, il y avait le Cher Frère Marc (Pierre EFFINIER), un chouette frère,  pilote de la section technique, attentionné, dénicheur de talent, mettant au premier rang de l’éducation les valeurs humaines, le respect, le souci des autres, le travail bien fait, …Sans consultation vraiment, le frère Marc m’a inscrit en 1ère année d’ingénieur à Mons ! Les vacances, avec jeux sans frontières se sont déroulées, en travaillant avec papa sur les toits.Sur un bâtiment, j’ai eu l’occasion de voir le travail d’un chauffagiste déclenchant ma détermination de le devenir : c’est ça que je veux faire. Oublié Mons d’autant plus que j’avais déjà 21 ans.
Mais il fallait avoir accès à la profession. J’ai donc entrepris la formation U.B.I.C. puis passage au jury central et 5 ans de stages chez M Parmentier de Havelange. Après un passage chez DEF et un apprentissage de mise en service et réglage de brûleurs comme technicien, enfin le rêve, mon entreprise en 1971. Il y a eu également un stage de 3 semaines à l’AIR LIQUIDE axé sur les électrodes de soudage avec un bravo étonné des ingénieurs français.
Entre-temps, j’avais effectué mon service militaire de 15 mois chez les Paras.
J’ai épousé Nelly en 1968.  Elle m’a aidé tout au long de ce parcours de vie. Nous avons 2 enfants et 3 petits-enfants.
Nous avons vécu de vrais moments d’amitié pendant ces années à Saint-Joseph. Joseph Houben a arrêté la formation en 2 A2 pour retourner en Afrique où je suis allé le rejoindre pour des vacances inoubliables, safari, … J’ai gardé de temps à autre des contacts avec quelques condisciples et plus particulièrement avec Michel Fouarge.
Ce qui m’a le plus aidé, en dehors des matières, c’est la qualité de l’enseignement, l’ouverture d’esprit développée, la passion du travail entrepris.
Mon souhait : l’enseignement doit effectivement s’adapter, avec le respect nécessaire pour les enseignants et les parents. Il est détestable d’être en butte avec des personnes qui savent mieux que les professeurs comment il faut s’y prendre.
Un de ceux-là
Robert Alexandre

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