Evrard Michelle

JOUR J-92 : Témoignage de Michelle Evrard sortie en 1981.

Michelle, mariée et maman d’un garçon, Mathieu, 27 ans.
Mon mari ayant 2 enfants d’un premier mariage et 3 petits-enfants, j’assume parfaitement mon rôle de « mamy » sans pour autant être une grand-mère ….çà permet de rester jeune !J’ai obtenu mon diplôme en électricité industrielle dans l’enseignement professionnel en 1981 et lorsque je suis arrivée en 4ème secondaire à l’Institut Saint-Joseph, nous étions seulement 4 filles en enseignement technique.
Actuellement, je suis employée d’administration au service de Promotion Santé à l’École et PMS de la Province de Namur.
Dès ma sortie de l’école, j’ai travaillé un an au bureau de dessin à l’Atelier Central de Salzinnes en tant que dessinatrice technique sur plans électriques. Après ce stage non renouvelable, j’ai eu des difficultés à trouver un emploi dans le domaine de l’électricité. Ce n’était pas évident parce que j’étais une fille alors j’ai accepté différents emplois : en grande surface, dans le domaine de la vente, dans le domaine des prêts et assurances pour enfin reprendre des cours en dactylographie qui m’ont permis d’obtenir mon emploi actuel où je suis en fonction depuis 1988.
J’ai choisi Saint-Joseph parce que c’était avant tout une école de proximité par rapport à mon domicile. Mon frère y avait été élève chauffagiste.
Le choix du professionnel était basé sur le fait qu’il n’y avait pas de cours de langues pour lesquels j’éprouvais beaucoup de difficultés et parce que les cours généraux y étaient plus allégés.
Mes parents ne se sont pas opposés au choix que j’avais fait de m’orienter en électricité. C’était une formation peu courante pour les filles. Mon objectif était d’être réparatrice en électroménagers. Même si je n’ai pu développer cette formation en activité professionnelle, je ne regrette pas ce choix, c’était une très belle expérience.
Je garde un excellent souvenir de la relation que j’avais avec mes camarades de classe, il n’y avait aucune rivalité, aucune jalousie, aucune dispute…, j’ai été très vite acceptée. Les professeurs n’ont jamais fait de différence ….enfin, disons que….j’étais quand même, pour certains, un peu privilégiée….mais heureusement cela ne causait aucun souci avec les garçons….je pense que cela les faisait même sourire.

Je ne me souviens pas qu’une multitude d’animations étaient proposées au sein de l’école hormis le voyage de fin d’études à Saint-Malo qui m’a laissé un souvenir impérissable….là, ils m’en ont quand même fait voir un peu de toutes les couleurs les mecs mais c’est toujours un plaisir de rencontrer l’un ou l’autre par hasard et aussi un regret de ne plus avoir croisé le chemin de certains.
Le cours de gym n’était pas différent pour moi. Je jouais même au football et je ne me défendais pas trop mal puisque je faisais partie d’une équipe féminine en championnat provincial….souvenir lors d’un match de mini foot en salle….j’avais eu la bonne idée de me transformer en gardien de buts…..je ne sais pas comment j’en suis sortie vivante !
Le professeur qui m’a marqué le plus c’était Papa Hanchir avec son cache poussière gris mais il y avait aussi tous les autres qui étaient motivés, qui aimaient leur travail. Ils nous encourageaient dans nos études, ils nous inculquaient les bonnes valeurs, le respect, la politesse…
A l’heure actuelle, on ne valorise pas suffisamment l’enseignement professionnel alors qu’il ouvre des portes sur des métiers merveilleux. Il y a un enseignement pour tous. Ce que les élèves n’ont pas dans la tête, ils l’ont dans leurs mains et dans leur cœur. L’élitisme ne mène pas forcément au bonheur. Après un parcours scolaire difficile, mon fils a suivi ce type d’enseignement, il est menuisier et je suis très fière de son métier et de ce qu’il fait.
Ce qui m’a marqué particulièrement à l’école, ce sont les cours de pratique à l’atelier qui nous projetaient déjà dans la vie active, le projet de fin d’année et pour le côté plus récréatif, les mémorables fancy-fairs caractérisées par le défilé au sein des rues de Ciney auquel on avait du mal à déroger.
Mon hobby favori : la marche que je pratique régulièrement, notamment les marches ADEPS du dimanche mais aussi des treks, des sommets dont le dôme des écrins dans les Alpes à 4015 mètres et le Toubkal au Maroc à 4167 mètres…..c’est devenu une « drogue » !
Après avoir eu deux cancers du sein, je fais partie d’un groupe qui s’intitule « 10 femmes pour un 4000 » permettant de prouver qu’après la maladie il est encore possible de réaliser une activité sportive quelle que soit la difficulté tout en relevant la tête vers un sommet.
Depuis ma maladie, je vois la vie autrement, de manière beaucoup plus positive
Quatre verbes m’accompagnent au quotidien : accepter – avancer – vivre – aimer
J’aime le cinéma, je lis de temps à autre…. Et non, Mr Motte, vous n’avez pas fait de moi une grande littéraire !
J’aime les sports d’hiver, J’adore voyager et découvrir un nouveau pays à chaque occasion de vacances.
Mon meilleur ami : le chien…j’ai un golden retriever adorable.
Nous avons aussi des chevaux à la maison mais ça, c’est la passion de mon mari.
38 années se sont écoulées depuis ma sortie d’école….cela paraît si loin mais si proche à la fois en se remémorant tous les souvenirs…c’était la belle époque !

Leave a Reply +

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *