Delieux Franz

JOUR J-124 : Témoignage de Franz Delieux sorti en 1958.

Franz Delieux est aujourd’hui membre du PO de l’Enseignement Secondaire Catholique Cinacien. Il est retraité. Elève puis enseignant, il a vécu toute sa vie à Saint-Joseph dont il se fait encore et toujours le chantre. Documentaliste par passion, il garde toute trace du passé pour mieux faire vivre demain.
Mes années d’études « chez les Frères ».
Trois maîtres qu’on n’oublie pas.
On peut dire que je suis un pur produit lasallien puisque je suis entré en première année primaire en 1946 à l’Institut Saint-Joseph, « chez les Frères » comme on disait alors. J’étais chez le Frère Marcel qui avait publié sa propre méthode d’apprentissage à la lecture. En 1951-1952, j’étais en 6e primaire chez le Frère Modeste, un maître qui alliait fermeté et efficacité pédagogique.
Le cycle d’humanités modernes étant ouvert, j’ai suivi les cours donnés par des professeurs laïcs mais aussi par plusieurs Frères tout au long des six années et aussi en rhéto qu’on appelait la 1ère scientifique. Là, le Frère Ménandre-Luc nous dispensait ses cours de mathématiques, de chimie et de physique. Nous qui avons été ses élèves, nous nous souvenons encore des expressions savoureuses qui n’appartenaient qu’à lui et dont il ponctuait son cours d’analytique pour stimuler notre travail. Il appréciait avec beaucoup d’humour le surnom de « Choumaque » dont il avait hérité et qui allait même jusqu’à créer chez certains la confusion avec son véritable nom. Je peux dire que ces trois Frères ont marqué ma vie d’études à Saint-Joseph.
En 1958, J’allais poursuivre l’aventure lasallienne en m’inscrivant dans une autre école de Frères, l’Institut Saint Berthuin de Malonne pour m’orienter, après mes humanités modernes scientifiques, vers les cours du régendat français – histoire qu’on appelait précédemment le régendat littéraire.
Mon parcours professionnel, 40 ans, toujours « chez les Frères »
Les circonstances de la vie et les opportunités à l’Institut Saint-Joseph m’y ont ramené pour y enseigner pendant quarante ans le néerlandais au cycle inférieur des humanités. J’avais suivi aussi une formation dans cette langue à Malonne et j’étais allé la pratiquer en Flandre, dans le Limbourg. J’étais aussi abonné au journal Het Belang van Limburg, j’étais devenu, selon mon professeur de français de Malonne, un transfuge.
La boucle était bouclée. Après une parenthèse d’un an au service de la Patrie, j’étais revenu à Saint-Joseph. C’est dire si ma vie a été imprégnée pendant toutes ces années par l’esprit de Saint-Jo selon l’appellation en vogue maintenant.
Un événement marquant pour l’Institut Saint-Joseph et pour moi…
Parmi mes quarante années d’enseignement, que de souvenirs marquant ma vie dans les classes où j’ai vu défiler quelques milliers d’élèves ! A côté des cours, il y avait aussi les événements rappelant l’histoire de notre école. C’est ainsi que l’année 1994 a été marquée par la commémoration du 150e anniversaire de l’arrivée à Ciney des Frères des Ecoles chrétiennes. Je me souviens, pour avoir participé à la réalisation de ces festivités avec beaucoup d’autres personnes, de cet excellent esprit qui nous animait pour retracer l’histoire lasallienne cinacienne.
Ces animations ont commencé par la parution régulière dans le journal toutes-boîtes Publi-Condroz de photos de classes. Ces photos et d’autres ont fait l’objet d’une exposition à la Fancy fair (où s’est produit le chanteur français Gérard Lenorman), exposition qui en annonçait une autre de plus grande envergure qui allait occuper une bonne partie de la salle omnisports. Un appel avait été lancé dans la presse pour une collecte d’objets, de photos, de souvenirs illustrant 150 ans de vie à l’Institut Saint-Joseph. Le résultat en valait la peine.
A la fin du mois de septembre, devant un parterre de personnalités, un (très) ancien élève M. Odon Denis, 92 ans coupa le ruban de cette exposition avant de participer à la séance académique de circonstance où ministre de l’enseignement et autres personnalités de l’enseignement catholique prirent la parole. Le personnel de l’école et les anciens et anciennes participèrent aussi à un très convivial souper de retrouvailles.
Les différentes manifestations de commémoration prirent fin par un dépôt de fleurs au monument aux morts des deux guerres et par une messe d’action de grâces en la Collégiale de Ciney.
Cet événement d’importance a été perpétué par une brochure retraçant 150 ans d’enseignement lasallien dans notre ville et par une pierre commémorative fixée au mur de l’école primaire, œuvre de Gusti Liard, professeur à l’école. Une peinture due à son frère Léopold (ou Pol) évoquait aussi l’institut dans le monde lasallien.
Et aujourd’hui ?
Tout cela, c’était il y a 25 ans, déjà ! Cette année, Saint-Joseph a donc 175 ans, se porte très bien et n’a jamais eu si jeune allure. Plusieurs anciens et anciennes vont témoigner pour nous dire combien ils / elles ont apprécié d’avoir effectué leurs années d’enseignement dans notre vénérable institut toujours à la pointe en innovations pédagogiques et en formation humaine.
Alors, bon anniversaire Saint-Jo, merci et bon vent !

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