Jacquet Marc-Antoine

 

JOUR J-111 : Témoignage de Marc-Antoine Jacquet sorti en 2002.

 

Marc-Antoine Jacquet est maréchal ferrant. Une passion d’enfance pour les chevaux s’est transformée en un métier dont certains aspects sont de plus en plus difficiles.
Montez sur un poney chez un de vos voisins et le virus est lancé ! A six ans, je suis touché en plein cœur. A l’âge de 14 ans, une question : vais-je devenir vétérinaire ou maréchal ferrant ? La voie la plus sûre pour faire des études de vétérinaire était mes options Maths 6+ 2, des langues et les sciences fortes. Mais la première candidature était une étape difficile. Et en novembre, je m’oriente vers l’école de maréchalerie de Bruxelles. Trois années en fait. En première année, on suit quatre jours de cours à l’école et on a des stages professionnels. On apprend à ferrer, à cintrer les branches, à étamper…. En 2° année, on a plein de stages et en 3° aussi. J’en ai accumulé 450 heures en 2° et 600 en 3°. A mon époque, on était 44 élèves en 1°, 22 en 2° et 12 en 3° ! Aujourd’hui, je suis le seul à encore professer.
Car le métier est dur physiquement. La forge dégage beaucoup de chaleur, il faut taper encore et encore…. Les articulations souffrent sous les 600kg des chevaux. Lors de la canicule de l’an dernier, je devais travailler la nuit car la forge, c’était 1400 degrés ! Il y a le poids du cheval ( 600 kgs) et le tablier pèse 10 kilos.
Le problème numéro un du métier, c’est qu’il n’est pas reconnu. On fait alors face à une concurrence qui mène les prix à la baisse, il n’y a pas de barêmes, tout le monde a accès à la profession . Le métier a pourtant bien changé par rapport à la théorie de 1904, aujourd’hui par rapport au cheval de labour du siècle passé un cheval trotte, saute, galope, fait des pirouettes, il est passé du cheval de travail à l’athlète de haut niveau …. Savez-vous que nous sommes reliés par smartphone avec les vétérinaires pour les rapports clinics des chevaux et surtout pour les protocoles de ferrage ? Il faut suivre cette technologie.
La situation des quelque 1600 maréchaux ferrants en Belgique- pour 400.000 chevaux en Wallonie- s’est aggravée en 2018 par l’augmentation du prix du fer, de l’alu ou de l’acier , du prix du clou en inox et du diesel. Quelqu’un comme moi roule 60.000 kms par an vers mes clients liégeois ou namurois. On reste en général environ une heure pour ferrer un cheval et on le soigne toutes les 7 semaines. Et c’est difficile de répercuter ces couts supplémentaires sur les clients. Notre métier s’est compliqué mais avec l’amour que les maréchaux comme moi lui portont, nous allons tout faire pour le faire perpétuer. Même si ce n’est pas gagné d’avance. Mais c’est en le faisant parfaitement, avec passion et surtout remise en question perpétuelle (la chose la plus importante de ce métier) qu’on arrivera à lui redorer ses lettres de noblesses.
Je suis stressé lorsqu’un des chevaux que j’ai ferrés est en compétition comme Hernesto de Niaster – I c’est le nom du cheval – triple champion d’Europe MCI- dont je suis le maréchal depuis sa naissance J’espère qu’il réussisse parfaitement ses figures de style du dressage et non comme moi lorsqu’au Musée des Beaux Arts de Bruxelles en visite de rhéto, je me suis pris une corde reliée à l’alarme et suis tombé par terre. Ah, Monsieur Georges, mon professeur d’histoire n’était pas content et je me suis aussi pris une punition à la bibliothèque !
(Mis à jour le 01/06 à 9h52)

 

 

 

Leave a Reply +

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *