Mine Maurice

JOUR J-109 : Témoignage de Maurice Mine sorti en 1968.
Maurice Mine a passé 48 ans à l’Institut Saint Joseph, comme élève, puis comme surveillant-éducateur de l’internat et enfin comme instituteur jusqu’en 2007.
Je suis né en 1947. Et deux ans après cette foutue guerre, on continuait à réapprendre à vivre. A ce moment, toutes et tous ont fait la part belle au cheptel. Et bonjour veaux, vaches, cochons et couvées. C’est dans ce contexte que j’entre à l’école primaire de mon patelin en 1959. Six bonnes premières années de « plus hautes distinctions ». Avant de m’inscrire à l’Institut, où maman me supplie de ne pas y parler wallon ! « Ce n’est pas bien »- soulignait-elle.
Au cours de mes études, j’ai loupé deux années scolaires. L’une par la faute d’une foutue ostéomyélite avec grave complication lors de mes premiers pas dans la grande école. L’autre par…ma faute ! Je n’ai rien fait, à l’époque, pour ne pas la louper. Notez bien qu’à l’âge de 14 ans, je suis devenu vice-champion provincial de cross au niveau « Enseignement Libre ». Course que j’ai disputée à la Citadelle de Namur sur 4800 mètres. Au cours de gym, le professeur Verboogen me faisait faire des tours dans la propriété, avec chrono en main. Pendant que les autres s’amusaient aux barres parallèles et à l’espalier. Avant de goûter…à la cigarette et à la canette !
Au bout du tunnel j’ai opté pour l’option « scientifiques B ». Au cours de cette Ecole Normale, à Saint-Jo, j’avais comme professeur de pédagogie, un cher frère qu’on surnommait « Poum ». Comme d’autres « Schoumak »,« Bidi », « John Boule » ou encore « pilule ». Il marchait avec le menton dans le col de sa longue robe noire et le bras droit sur l’estomac, style Napoléon. Un gars taiseux et à la mine patibulaire. Nous étions neuf « normaliens », dans sa classe. Un jour, j’avais demandé à mon instituteur primaire, si nous pouvions venir assister à l’une de ses journées d’école. Et le brave accepta. Un mardi matin donc, nous poussions l’huis de son école. Bientôt suivis par la dame de l’instit. Qui, tous les matins avant la classe, venait chercher journal et courrier, déposés par le facteur, auprès de son mari. Drapée dans un vaporeux déshabillé qui laissait deviner plus que ce que l’on pouvait voir ! A ce moment, les copains et moi, nous nous posions la question de savoir lequel des deux allait mettre les bouts en premier ? Ou s’ils allaient se faire la malle de concert ! Quand au brave cher frère, il fixa sans se lasser le bout de ses souliers. Et la femme du maîsse de me demander le lendemain : -« Il avait perdu ses lunettes ? » .
Le diplôme sous le bras, je n’allais pas attendre bien longtemps avant de trouver place… à l’Institut Saint-Joseph. Alors que j’étais en train de charger aux ballots chez Sohet, agriculteur à Conneux, la fermière vint me trouver aux champs. L’copain Léon Moreaux, prof en « Techniques » était en bout de ligne. –« Tu viens, sur le champ, nous rejoindre dans la salle Gothique ! ». Ce que je fis, en tenue de travail et des épis dans les cheveux. Et ce qui amusa le directeur René Collard (ardennais de bonne souche) et son collègue André Petitjean. Qui me proposèrent, de concert, un poste de surveillant-éducateur à l’internat.
Tout en me promettant la prochaine place libre à l’École Primaire. J’ai accepté, évidemment. Il fallait partir, le lundi, avec la valise. Je logeais aux « Capucins » avec Joseph Marteau, Jean-Jacques Etienne et une cinquantaine d’internes. A ce travail de surveillance sont venues se greffer des heures de cours : religion, actualité et musique en A4.
L’année suivante, Monsieur Collet prit sa pension. Les deux directeurs précités tinrent parole et j’entrais par la grande porte en quatrième année primaire. Pour ne plus en sortir. Si…de 4° pendant 4 ans, je suis redescendu en 1° pour ne plus remonter !!! Je suis donc entré à l’Institut à l’âge de 12 ans avant d’en sortir à 60.
PS : J’ai sorti un livre composé par Edilivre (Paris). Qui n’est pas un roman, mais un témoignage. Une petite centaine de photos, 213 pages. Qui reprend la période d’après-guerre, mais aussi l’enseignement, la politique, les us, les coutumes ….
Et que vous pouvez commander dans toutes les bonnes librairies.

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